HSBC soutient-elle la déforestation illégale en Indonésie?

Dans un nouveau rapport, Greenpeace affirme qu’une majeure banque britannique (HSBC) finance la destruction de vastes étendues de forêt tropicale en Indonésie. Malgré les promesses faites par la banque de ne pas financer la déforestation, HSBC aurait aidé à fournir des milliards de dollars pour financer des entreprises directement impliquées dans la destruction des forêts tropicales. Greenpeace International a indiqué que la banque fait partie d’un groupe qui a fourni plus de 16 milliards de dollars (13,2 milliards de dollars) en prêts et un autre 2 milliards de dollars (1,7 milliard de dollars) en obligations de société aux producteurs d’huile de palme. Greenpeace a accusé les entreprises de leur implication dans le déboisement illégal, alors que certaines entreprises ont également été accusées d’avoir utilisé le travail des enfants ainsi que d’autres violations contre les droits des travailleurs.

HSBC a affirmé une politique de durabilité qui ne finance pas la déforestation et dans un communiqué, un porte-parole de la banque a déclaré: «Les politiques de HSBC interdisent le financement d’opérations illégales qui endommagent les forêts ….ou violent les droits des travailleurs et des populations locales. « 

Jamie Woolley, responsable de Greenpeace , a déclaré:

« Les dégâts causés aux forêts tropicales indonésiennes et à la qualité de l’air par l’industrie de l’huile de palme constituent l’un des scandales écologiques les plus importants du monde, et le soutien continu de la HSBC aux producteurs d’huile de palme a aggravé la situation.« 

«Le financement de la HSBC permet à ces entreprises d’étendre leurs plantations d’huile de palme, ce qui signifie moins de forêts pluviales, moins d’orangs-outans, plus d’émissions de carbone et des milliers de décès en Asie du Sud-Est liés à la pollution de l’air.« 

La banque a accordé deux prêts à Bumitama Agri Ltd., une entreprise qui est censée être responsable du déboisement et de la plantation de 160 000 hectares de plantations d’huile de palme en Indonésie – une grande partie des terres qui étaient auparavant des tourbières naturelles et des forêts tropicales. La société a nié tout acte répréhensible, même si dans son prospectus, la compagnie s’est vantée de son «plan de plantation agressif» et a déclaré avoir transformé 120 000 hectares de terres en plantations d’huile de palme depuis 2004. Greenpeace affirme que plus que la moitié de cette plantation a été créée sans les permis appropriés.

Greenpeace souligne également le soutien financier (360 millions de dollars) alloué par HSBC aux sociétés du groupe Salim. Greenpeace allègue une « destruction massive des forêts » sur les plantations du groupe à Kalimantan, en Indonésie. En outre, une des sociétés du groupe, Indofood, a été accusée d’utiliser le travail des enfants et d’abuser les travailleurs.  « Un rapport conjoint publié par le Rainforest Action Network, le groupe indonésien de défense des droits des travailleurs OPPUK et le Forum international des droits du travail, basé à Washington, affirment que des enfants de 13 ans travaillaient sur des plantations Indofood et que des travailleurs ont été exposé à  des pesticides hautement toxiques sans protection adéquate. « 

Les secteurs de l’huile de palme et du bois ont causé des dégâts considérables aux forêts et aux tourbières indonésiennes au cours des deux dernières décennies. La destruction généralisée a créé des conditions parfaites pour les feux de forêt et de tourbe massifs qui brûlent à travers les forêts d’Indonésie chaque année et menacent la faune, le climat et la population locale. Bien que ce rapport de Greenpeace ait mis l’accent sur la HSBC comme l’un des plus grands souteneurs du secteur de l’huile de palme, ce n’est pas la seule banque qui apporte un soutien financier aux sociétés destructrices. Au moins, ils ont déclaré qu’ils veulent adhérer à une politique durable de ‘non déforestation’, espérons qu’ils mettront leurs promesses à la pratique et que d’autres acteurs du secteur financier suivront cet exemple. L’action urgente contre le changement climatique devrait nécessairement impliquer les producteurs et les consommateurs, mais elle devrait aussi impliquer aux institutions financières.

Sources :

http://www.greenpeace.org/international/Global/international/briefings/forests/2017/GP_DirtyBankers_MediaBriefing_ENG.pdf

http://www.independent.co.uk/news/world/asia/hsbc-rainforest-deforestation-indonesia-funding-claims-report-a7529761.html

http://www.greenpeace.org/international/Global/international/publications/forests/2017/Greenpeace_DirtyBankers_final.pdf

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