Le déni est derrière la destruction de la Terre

La psychologie a beaucoup plus à voir avec la protection de l’environnement que ce que nous pourrions penser.

Le déni au niveau individuel

En psychologie le déni est un mécanisme de défense, qui cherche à protéger l’individu des réalités désagréables. Des pensées, des impulsions, des événements troublants sont gardés loin de l’esprit conscient afin d’éviter l’anxiété qui est associée à eux. Notre cerveau décide de nier certaines informations qui nous rappellent un traumatisme important et qui sont liées à des problèmes qui peuvent sembler insolubles ou dont la solution implique des changements importants. Ce mécanisme peut être très utile, mais quand nous tombons dans un déni pathologique nous nous écartons de la réalité en ignorant les vraies sources de nos problèmes ainsi que leurs solutions.

Notre cerveau a évolué pour faire face aux problèmes tangibles et plus ou moins immédiats. Les problèmes environnementaux que nos comportements créent sur la Terre sont bien au-delà de la capacité de n’importe quel être humain de les comprendre complètement, et encore moins, de les résoudre par ses propres moyens. La peur, l’angoisse et le déni sont des réactions compréhensibles face à la gravité de la situation. Nous sommes en train de causer l’extinction globale d’innombrables d’espèces, et de mettre en péril l’avenir de notre propre espèce. En tant qu’individus, nous devons accepter la vérité, aussi douloureuse qu’elle puisse être, et admettre devant nous-mêmes que nous avons un rôle directe dans ce processus destructif. Personne ne décide consciemment de faire partie active dans l’exploitation et la destruction de la planète. La plupart de nos mauvais comportements ne représentent pas notre volonté de faire du mal, mais sont le plus souvent le produit d‘une immaturité culturelle, qui nous a été transmise depuis notre enfance. Nous ne pouvons plus nous permettre de continuer à nier l’existence de ces problèmes, et nous ne pouvons plus continuer à croire que nous n’avons pas la force pour les résoudre. Quand nous acceptons la gravité des problèmes et les limites de notre capacité à les corriger, nous allons nous retrouver sur le chemin de l’action et de la guérison. Au lieu du déni qui nous bloque, nous devons créer un espace dans nos pensées et nos actes où nous pouvons réfléchir et agir quotidiennement dans une direction d’amélioration personnelle et d’évolution culturelle.

Le déni de nos institutions

Le déni est souvent étudié et discuté au niveau de l’individu, mais ce type de mécanisme de défense semble fonctionner d’une manière assez similaire au niveau de la société. Les institutions sur lesquelles notre société mondiale est basée ne parviennent pas à reconnaître l’existence de nos problèmes ou bien proposent des solutions inadéquates ou insuffisantes. Au niveau des institutions internationales comme l’ONU, au moins nous retrouvons un consensus autour de l’existence des faits : La destruction de l’environnement et les changements climatiques qui suivent sont réels et quelque chose doit être fait. Des traités internationaux sont souvent signés, mais à l’échelle de la politique intérieure la situation reste très différente. Dans tous les « pays développés » nous avons encore de très grands partis politiques qui nient complètement le lien entre l’activité humaine et la dégradation des écosystèmes. Bien sûr, ce n’est pas très difficile pour eux de trouver un public de personnes qui ont peur du changement et seront bien heureux d’effacer l’inconfort de leur responsabilité personnelle. L’autre type de grands partis politiques ont une autre stratégie de déni – ils reconnaissent l’existence de la plupart des problèmes, mais ne parviennent pas à proposer de réelles solutions. Ils ignorent les vraies sources des problèmes et proposent des solutions tout à fait insuffisantes. Ainsi, les électeurs sont laissés avec le faux choix entre le déni absolu et un déni partiel tout aussi disfonctionnel.

Nous devons admettre que notre système politique ainsi que nos institutions gouvernementales sont sous l’influence de personnes qui ont un intérêt direct dans le maintien du status quo. Ces institutions sont complètement dépassés et ne parviennent pas à agir face à la réalité qu’ils créent. Cela se passe principalement parce que tous ces systèmes sont basés sur différents types d’idéologies. Le déni germe sur les idéologies, car tout ce qui ne rentre pas dans le paradigme proposé par l’idéologie doit être réfutée afin de maintenir la validité de l’idéologie. Voilà pourquoi par exemple les sociétés capitalistes ont un gros problème à reconnaître l’existence de nos problèmes environnementaux. Le capitalisme considère la Terre comme une ressource infinie à exploiter ou un produit à vendre, alors que la réalité est que la Terre est un organisme vivant dont nous sommes une partie intégrante.

C’est seulement quand nous arrivons à admettre la précarité de notre situation, que nous allons nous permettre de chercher et mettre en œuvre de vraies solutions. Cela fonctionne pour de nombreux aspects de notre vie personnelle, mais aussi pour notre prise de conscience environnementale. Mettre fin au déni de nos institutions est aussi un objectif que chacun d‘entre nous devrait prendre au sérieux. Nos institutions démocratiques sont faussées, mais ceci est juste une raison de plus pour s’en servir.

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